En discutant avec d’autres rédacteurs web ou blogueurs, je me suis aperçue qu’il existait deux écoles pour les sujets d’articles. Il y a d’un côté les épris de liberté, ceux qui ne conçoivent pas que l’on puisse imposer un sujet. Ils ont besoin d’être dans un espace totalement ouvert et quand ils n’ont pas le choix, ils sont comme tétanisés. De l’autre côté, il y a les suiveurs, ceux qui ne sont jamais aussi bons que lorsque l’on décide à leur place. Armés d’un brief, ils se sentent rassurés en connaissant les limites du terrain de jeu. Laissez-leur le champ libre et ils sont perdus.

Le paradoxe du sujet imposé

Au début je me considérais comme un suiveur à 100 %. J’aimais l’idée de ne pas avoir à chercher mon sujet ce qui pour moi constituait un appréciable gain de temps (on verra sans doute dans un autre article comment éviter de s’éparpiller à la recherche d’un sujet). Certains pourraient trouver que cela souligne un défaut de créativité. Je crois tout le contraire. Un sujet imposé est pour moi un défi d’imagination. Je me revois sur les bancs d’école avec le devoir de rendre intéressantes d’ennuyeuses vacances d’été. Le sujet imposé devient alors presque un jeu, surtout quand le thème abordé ne vous parle absolument pas. A ce(s) sujet(s), j’en ai fait tout un blog, un blog consacré à l’électroménager qui s’appelait Electroméninges. Loin d’être une spécialiste de cet univers, je l’ai choisi pour son côté pratique (en rapport avec mon travail) et sa rareté (peu de contenus sur le web proposé). C’était devenu un casse-tête quotidien amusant, trouver l’angle pertinent pour disserter sur un nouvel aspirateur ou un robot de cuisine.

La responsabilité du sujet libre

Au bout d’un moment pourtant, mon profil de suiveur s’est effrité. J’avais en moi des sujets qui me tenaient à cœur, pour lesquels je brûlais d’écrire. Le blog ne m’en donnait pas l’occasion puisque je m’étais moi-même enfermée dans ce thème de l’électroménager. J’ai fini par ouvrir un autre blog, totalement foutraque et libéré de toute contrainte. Devenir un “épris de liberté” comme je les appelle m’a fait un bien fou. J’ai aussi vite compris que de choisir ses sujets n’était pas de tout repos. Le territoire est vaste à découvrir mais on n’a pas tous les jours une âme d’explorateur. Trouver des idées d’article oblige sans cesse à s’interroger, à questionner le monde. Il faut aussi se mettre à la place du lecteur : Que veut-il lire ? Comment puis-je le toucher ? Le sujet imposé, lui, permet de se dédouaner (pas de ma faute, c’est le sujet qui est pourri) alors que vous êtes totalement responsable du sujet libre et de son succès (ou de son échec).

Finalement, entre les deux, mon cœur balance. Du coup ça me permet de jongler selon les commandes d’articles que je reçois. En alternant sujet imposé et sujet libre, je me sens … plus libre justement !

Le cas du sujet libre pour la création de contenus web

Quand il s’agit de répondre à la demande d’un client, vous verrez que le sujet libre est souvent l’occasion de nombreux échanges. Il est rare qu’un client approuve votre choix de sujet au premier coup. Il convient donc de lui proposer d’emblée plusieurs choix de sujet, assez hétéroclites pour qu’il puisse trouver son bonheur. Le sujet choisi, il peut encore subsister des questions sur l’angle choisi et notamment sur le titre. Toute ces étapes de préparation doivent être si possible intégrées dans votre devis car cela demande du temps et un délai plus difficile à respecter. Si l’intégration dans le devis n’est pas possible, veillez au minimum à bien faire comprendre au client que cette recherche d’idées d’articles est déjà du travail et que cela nécessite un investissement de votre part.
Côté clients, faire le choix du sujet libre est aussi une affaire de confiance. Si vous optez pour cette solution, préférez un rédacteur dont vous connaissez le style, le type de sujet traité et la façon dont il aborde les problématiques. Ne vous laissez pas imposer un sujet sur lequel vous ne vous sentez pas à l’aise. Si le rédacteur rédige, il n’est par la suite pas responsable du contenu publié. Ce sera à vous de défendre l’article comme si vous l’aviez écrit puisque vous en êtes le propriétaire.

On voit bien que la question de la facilité entre sujet libre et sujet imposé n’est que secondaire. Un bon rédacteur web doit pouvoir faire les deux et s’adapter en fonction des besoins des clients.